samedi 10 mai 2008
L’école du mépris
Par Pierre Tevanian
Retour sur l’enseignement de la morale civique pendant la Troisième République
À l’heure où le ministre Xavier Darcos tente de réintroduire dans les programmes scolaires des cours de morale et de civisme, il n’est pas inutile de démystifier ce que furent en réalité ces enseignements dans le passé. Or, deux auteurs se sont penchés sur de vieux manuels d’instruction civique , et le résultat est accablant.
L’éducation civique apparaît en effet comme une école de la servitude : les manuels ne cessent de célébrer la patience, la prudence, la modestie et la discrétion, tandis que tout ce qui ressemble à de la résistance, de la révolte ou de la revendication se trouve stigmatisé comme de la vanité, de l’outrecuidance ou de la sauvagerie.
"Acceptons joyeusement la médiocrité"
Morceaux choisis :
lire la suite: http://lmsi.net/spip.php?article88
vendredi 9 mai 2008
RSA : prendre aux classes modestes pour donner aux pauvres
La décision de financer le Revenu de solidarité active en puisant dans les financements prévus pour la Prime pour l’emploi illustre parfaitement la stratégie sociale du gouvernement. Un point de vue de Patrick Savidan, Président de l’Observatoire des inégalités.
Selon Nicolas Sarkozy, le Revenu de solidarité active « se fera en en maîtrisant les coûts parce qu’on va redéployer une partie de la Prime pour l’emploi ». La formule est lapidaire et inquiétante. Ce qui se présente comme une simple manipulation comptable aurait en fait, si le projet devait être réalisé, des répercussions sociales majeures et ferait un peu plus éclater au grand jour la logique de l’action du chef de l’Etat : soulager les couches favorisées, offrir une maigre compensation aux plus démunis en prélevant sur les classes moyennes.
Cette proposition doit être mise en perspective. Elle s’inscrit dans un contexte social que contribuent à définir deux faits majeurs : Le premier concerne les bénéficiaires de la réforme fiscale voulue par Nicolas Sarkozy. Hormis la défiscalisation des heures supplémentaires qui, en principe, peut bénéficier à tous les salariés, le paquet fiscal voté durant l’été 2007 aura surtout pour effet de soustraire encore davantage à l’impôt les foyers les plus privilégiés [1]. D’un intérêt économique discutable – depuis 2000, on ne cesse, en France, de baisser les impôts sans que cela n’ait eu d’effet positif notable sur la croissance –, cette réforme représente, en année pleine, un coût pour la collectivité évalué à 11,6 milliards d’euros (soit plus d’un demi point de PIB). Sur cette dépense fiscale, 1,3 milliards est destiné à financer l’exonération d’Impôt sur la fortune ; 600 millions couvriront la baisse du bouclier fiscal ; 2,2 milliards financeront les mesures sur les donations et les successions [2]. Autant de données qui permettent de lever toute ambiguïté sur l’identité sociale des principaux bénéficiaires de ce paquet fiscal.
Le deuxième fait majeur concerne, de façon plus générale, la manière de plus en plus polarisée dont se répartissent, en France, les fruits de la redistribution [3]. Les transferts de revenus des foyers les plus aisés vers les plus modestes entraînent certes un resserrement de l’échelle des niveaux de vie moyen, mais les bénéfices de ce resserrement sont fort inégalement répartis. Si, après prélèvements et prestations, le revenu moyen des 20% de foyers les plus défavorisés connaît une augmentation de 40% (passant, selon l’INSEE, de 6980 à 9760 euros par adulte), tandis que pour les 20% de foyers les plus aisés, les prélèvements et prestations ont pour effet de réduire leur niveau de vie moyen de 22% (passant de 44 270 à 34 540 euros par adulte), il reste que ces transferts ont aussi pour singulière particularité de ne pas bénéficier aux foyers qui se situent au cœur de l’échelle des niveaux de vie. Bien plus encore, l’étude de la période qui s’étend de 1996 à 2006 montre que ces foyers sont même des contributeurs nets du système de redistribution. Les 20% de foyers qui se situent juste au-dessus des plus défavorisés (le 2ème quintile) enregistrent, après transferts, une baisse de niveau de vie moyen de 0,4%. Le troisième quintile voit son niveau de vie moyen diminuer de 8,4% et le quatrième quintile de 13,3%.
Ces chiffres [4] posent un problème dont on aurait tort de sous-estimer l’importance sociale et politique. Le deuxième quintile correspond en effet à la situation d’individus dont le revenu moyen avant redistribution s’élève, sur une année, à 13 570 euros, soit 1 130 euros par mois. Quant au troisième quintile, il vise un revenu avant redistribution de 18 500 euros (1 541 euros). Bref, d’un point de vue monétaire, la principale caractéristique de notre système redistributif est bien de concentrer ses effets sur les 20% de foyers les plus défavorisés et d’oublier au passage les véritables classes moyennes.
C’est dans ce contexte qu’il faut replacer la proposition récente de Nicolas Sarkozy de financer en partie le Revenu de solidarité active par le redéploiement de ressources destinées à la Prime pour l’emploi. Cela constitue à la fois une nouvelle faute politique majeure et un profond révélateur du sens de son action.
Si des critiques ont légitiment mis en question la capacité de la PPE à accroître l’emploi ou à assurer significativement une fonction redistributive, il demeure qu’elle a entraîné un gain de pouvoir d’achat pour des personnes aux revenus moyens dont, pour une part notable d’entre elles, nous savons qu’elles ne bénéficient globalement pas du système redistributif. Restreindre l’accès à la PPE, en abaissant les seuils d’éligibilité, reviendrait à les fragiliser plus encore et à alimenter un sentiment de frustration qui, nous le voyons, n’est pas sans fondement objectif. Car de qui parlons-nous lorsque nous évoquons cette PPE ? En 2007, 8,6 millions de foyers ont bénéficié de la Prime pour l’emploi pour un montant moyen d’environ 450 euros [5]. L’analyse de cette politique montre qu’il s’agit, pour l’essentiel de foyers d’ouvriers, d’employés et, pour un tiers, d’actifs de moins de trente ans. Ces personnes ne sont évidemment pas « privilégiées » ; leurs revenus nets d’activité professionnelle mensualisés se situent quelque part entre 300 euros et 1400 euros. Nous aurions en outre tort de considérer que, pour cette population, la PPE se soit constituée comme une sorte de rente. D’une année sur l’autre, on observe en effet un fort renouvellement des foyers bénéficiaires de la mesure (pour un tiers environ).
Le dispositif de la Prime pour l’emploi est sans doute imparfait, comme l’est d’ailleurs probablement aussi le Revenu de solidarité active [6]. Nous savons bien en effet - et le Grenelle de l’insertion a permis de le rappeler - que nous ne pouvons pas seulement compter sur des formes monétaires de redistribution. La santé, l’éducation et la formation, les transports, etc., sont des chantiers collectifs fondamentaux qu’il faut aussi financer de manière adéquate. En tout état de cause, choisir de renforcer les effets insuffisamment redistributifs du système social français, en invitant les actifs les plus modestes à financer l’effort nécessaire de solidarité, alors que, dans le même temps, la seule réforme du bouclier fiscal va rapporter en 2008 au total aux foyers les plus aisés 810 millions d’euros [7], c’est affirmer, de manière claire et nette, une préférence résolue pour les inégalités à laquelle - si la solidarité doit conserver un quelconque sens - on ne peut décidément pas s’associer.
Sur inégalites.fr
source: betapolitique
Les mots de Nicolas Sarkozy
de Louis-Jean Calvet et Jean Véronis

Présentation de l'éditeur
Nicolas Sarkozy avait promis une rupture politique, elle fut surtout linguistique. D'une redoutable efficacité rhétorique, il a en effet, tout au long de la campagne présidentielle, procédé à une série de "hold-up" sur le discours des autres candidats - une véritable vampirisation linguistique dont le principal artisan, les auteurs le montrent de façon scientifique, est Henri Guaino. A travers plus de trois cents discours et à l'aide d'outils d'analyse informatique des textes, décryptant tant la forme que le contenu, les auteurs de cet ouvrage analysent les lapsus, les formules, les procédés du président ou plutôt de sa plume - les " mots de la victoire ", qui sont aussi ceux qui participent à la médiatisation du personnage. Un livre réjouissant, à la fois ouvrage de méthode et regard original sur le discours politique français.
Biographie de l'auteur
Louis-Jean Calvet et Jean Véronis sont professeurs de linguistique et d'informatique à l'université d'Aix-en-Provence.
Source: Amazon.fr
C.-M. Vadrot et les fichages sur LCI
Vendredi 25 avril, Claude-Marie Vadrot (en médaillon), journaliste à Politis , était l’invité de « Preuves à l’appui » (émission à visionner en cliquant sur le lien) sur la chaîne d’information en continu LCI. Il revient sur l’émission :
« Au cours de l’émission, j’ai pu expliquer quels étaient les dangers des fichages. Rien à dire sur les deux journalistes présentant cette émission, ils ont posé les bonnes questions. Rien à dire non plus sur l’avocat de service qui s’envole dans de belles phrases creuses mais relativement efficaces. Le personnage extraordinaire fut le représentant du ministère de l’Intérieur qui a évidemment nié les évidences, les fuites, les dérapages et raconté n’importe quoi. Mais il a fait mieux et a expliqué que le fichage des homosexuels, des syndicalistes, des handicapés, des SDF, etc. prévu par le nouveau fichier-logiciels « Ardoise » était tout simplement destiné à... les protéger. C’est la première fois que l’on me fait ce coup-là.
La ministre de l’Intérieur (qui pourrait prochainement devenir ministre de la Justice à la place de Rachida Dati qui serait nommée à l’Intérieur) est revenu en arrière sur le fichier Ardoise en expliquant que, bon, on allait voir et que certaines informations ne figureraient pas dans ce fichier (alors qu’elles existent dans l’actuel fichier Stic et dans son équivalent gendarmesque Judex). Fallait faire plaisir à la Cnil qui râlait. Mais en fait, comme à chaque fois, comme dans d’autres fichiers (la base élèves des écoles primaires ou le fichier des sans-papiers et de ceux qui les aident), il s’agit d’un tactique : le pouvoir essaie, « tâte » la température et en cas de réactions trop vives, fait semblant de revenir en arrière pour caser sa marchandise liberticide un peu plus tard.
Un rappel : il y a actuellement plusieurs centaines de milliers de « fiches ADN » dans les fichiers de la police. Pour combien de délinquants sexuels, pour lequel ce fichier a officiellement été créé en 1998 ? A peine un millier.... »
Source: Politis
Sarkozy ou le refus de comprendre

PAR Hélène Franco, L’Observatoire du 6 mai
jeudi 8 mai 2008
Le président de la République est, notamment en matière de justice, un ennemi de la pensée complexe. Si, pour beaucoup, juger, c’est comprendre, Nicolas Sarkozy répète, lui, à l’envi, comme le 29 novembre 2007 après les émeutes survenues à Villiers-le-Bel, que « quand on veut expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable ». Il récuse toute recherche des causes : « Les violences à Villiers-le-Bel n’ont rien à voir avec une crise sociale mais tout à voir avec la voyoucratie », gommant ainsi sa responsabilité de ministre de l’Intérieur et de chef de l’État dans ces événements. Il y a, dans le refus d’analyser et de comprendre manifesté constamment par Nicolas Sarkozy lorsqu’il parle de délinquance, une bonne part de démagogie. Les formules simplistes qu’il affectionne sont incontestablement efficaces en période électorale. En 2005, à la suite du meurtre d’une femme imputé à une personne ayant bénéficié d’une libération conditionnelle, il met en cause la juridiction ayant accordé l’aménagement de peine en déclarant : « Le juge doit payer pour sa faute », sans s’embarrasser d’exactitude, ne serait-ce que sur la procédure judiciaire (la libération conditionnelle avait été accordée par trois juges, avec l’aval du Parquet). De même, en juin et en septembre 2006, Nicolas Sarkozy décide de mettre en cause « le laxisme du juge des enfants de Bobigny » au moment des émeutes d’octobre-novembre 2005. Ne craignant pas de travestir la réalité en citant de pseudo-cas d’espèce qui se révéleront tous présentés de manière fallacieuse, le ministre de l’Intérieur dénonce « une forme de démission devant des délinquants chaque jour plus violents ». Il s’agit alors de dissimuler l’échec de la politique sécuritaire menée depuis 2002.
Mais le plus préoccupant, ce sont sans doute les convictions de fond de Nicolas Sarkozy sur la place des enfants dans notre société. Il manie une contradiction permanente entre, d’un côté, la nostalgie d’une autorité verticale, non discutée, entre parents et enfants, entre « maîtres » et élèves, et, de l’autre, le souhait de voir considérer les mineurs de 16 à 18 ans comme des adultes par la justice pénale. Le premier mouvement relève du registre passéiste, mis au service d’une dénonciation de Mai 68, qu’il convient de « liquider ». À l’inverse, Nicolas Sarkozy présente les adolescents comme des adultes à partir du moment où ils ont affaire à la justice pénale, avec des arguments aussi rudimentaires que curieux. Il insiste sur leur taille pour les assimiler à des adultes, comme si justement les transformations corporelles de ces jeunes n’étaient pas constitutives de leur malaise. Il les résume à leurs actes, en instrumentalisant les victimes : « Quand Mama Galédou se retrouve à l’hôpital de la Timone à Marseille, qu’est-ce que ça lui fait, à elle, de savoir qu’elle a été brûlée par un mineur [1] ? » Nicolas Sarkozy répugne à toute démarche d’introspection. À l’occasion d’un entretien avec Michel Onfray, le futur président de la République a déclaré, à propos du « Connais-toi toi-même » : « Fort heureusement, une telle connaissance est impossible, elle est même presque absurde [2] ! » Nicolas Sarkozy dit aussi sa foi dans le caractère inné de la pédophilie ou du suicide des jeunes… Rien d’étonnant à ce qu’il suggère de détecter les futurs délinquants dès le plus jeune âge, ou souhaite en finir avec la spécificité de la justice pénale des mineurs, qui repose sur une approche globale de l’enfant.
L’installation par Rachida Dati le 15 avril 2008 d’une commission chargée de « réécrire l’ordonnance du 2 février 1945 sur la délinquance des mineurs » fait craindre le pire. « Quant à vous, pour qui un crime d’aujourd’hui justifierait une punition d’hier, vous ne savez pas raisonner. Mais pis, vous êtes dangereux pour nous et pour vous-même, si du moins, comme nous, vous ne voulez pas vous trouver un jour sous le coup d’une justice endormie sous ses arbitraires. Vous êtes aussi un danger historique. Car une justice doit toujours s’interroger sur elle-même tout comme une société ne peut vivre que du travail qu’elle exerce sur elle-même et sur ses institutions [3]. » On croirait ces lignes de Michel Foucault écrites aujourd’hui. C’est à cela qu’on reconnaît un grand esprit, soucieux de comprendre.
Notes
[1] France 2, novembre 2006.
[2] Philosophie magazine n° 8, avril 2007.
[3] « Vous êtes dangereux », Libération, n° 639, 10 juin 1983. Republié dans Dits et écrits, 1954-1988. Tome IV : 1980-1988, Michel Foucault, Paris, éditions Gallimard, p. 522-524.
* Juge pour enfants et secrétaire générale du Syndicat de la magistrature.
jeudi 8 mai 2008
Sarkozy cible le JDD, Espérandieu viré. Coïncidence ?
Devant les députés de l'UMP réunis, le Président a hier tancé une sélection de titre de presse qui s'attribueraient «la fonction d'opposition.» En regardant le détail, Marianne, l'AFP, le JDD,l'Express et Le Parisien-Aujourd'hui en France n'ont pas été choisis par hasard…
Sarkozy peste de se voir moins beau dans ce miroir : face aux députés UMP qu'il avait réunis à l'Elysée mercredi 7 mai, le président de la République s'est lâché sur une presse moins complaisante que par le passé. Un affront, une audace : « dans un pays où il n'y a plus d'opposition, la presse s'attribue la fonction d'opposition », a-t-il lancé à la cantonade. Toute la presse, non ! Chose étonnante, des medias critiques de longue date (comme Libération) ou plus récents mais pas moins acides (comme Le Point sont passés entre les gouttes de la tempête de reproches. Dans le détail : l'AFP, le Journal du Dimanche, Le Parisien-Aujourd'hui en France, l'Express et Marianne ont été désignés à la vindicte pour « délit d'opposition ». Reste à expliquer pourquoi ceux-là et pas les autres.
Lire la suite sur Marianne2.fr
Lire également l'article du Monde:
Nicolas Sarkozy lance une nouvelle charge contre la presse
mercredi 7 mai 2008
Appel à la grève le 15 mai

Pour une politique éducative ambitieuse : Appel à la grève le 15 mai
Dans l’Education nationale les mobilisations s’amplifient et portent l’exigence de moyens pour la réussite et la démocratisation du système éducatif. Le budget 2008 qui sera appliqué à la prochaine rentrée est fortement contesté.
Ces mobilisations s’opposent aux 11200 suppressions de postes qui entraîneront des classes surchargées, rendant impossible le suivi individuel des élèves. Dans le second degré cela va conduire à des disparitions de formations et d’options et la fin de dispositifs pédagogiques et de soutien innovants.
Il faut qu'il parte
de Sébastien Lapaque

« Je n’aime pas les communistes parce qu’ils sont communistes ;
je n’aime pas les socialistes parce qu’ils ne sont pas socialistes ;
et je n’aime pas les miens parce qu’ils aiment trop l’argent. »
Charles de Gaulle
C’est un nouveau discours de la servitude volontaire. Mais pas un Contre’un comme celui qu’écrivit La Boétie : le tableau d’une époque et un réquisitoire contre une bourgeoisie française aussi bête et borgne qu’en 1830 et en 1851.
Que se passe-t-il dans ce cher et vieux pays pour qu’on accuse les pauvres d’être coupables de leur sort, pour que le travail, ce mal nécessaire, soit tenu pour une valeur, pour que le serpent de Mai 68 se morde la queue et que la culture soit rangée au rayon des biens de consommation ?
Un homme à la tête de l’État incarne aujourd’hui le nihilisme d’une hyperclasse sans attaches et sans territoire qui voudrait oublier que l’homme est un animal social et que le lien compte plus que le bien. Il ne sera pas nommé dans cet exercice de style dont la violence vise d’abord les idées : le poisson pourrit toujours par la tête. Il faut qu’il parte ne révélera aucun petit secret caché : il fera entendre le hurlement de bouledogue vivisectionné d’un écrivain non-conformiste.
mardi 6 mai 2008
Réforme primaire de l’école
de Josh Lyman
Dans le « retour aux fondamentaux », cher à M. Darcos, c’est surtout le mot « retour » qui fait sens.
Il faut d’abord tordre le cou à cette vieille lune de la baisse du niveau des enfants, que rien n’atteste.
D’après la masse de travaux disponibles sur ces sujets, on relève surtout que les écarts se creusent entre les uns et les autres, les résultats scolaires épousant évidemment les inégalités sociales dont la tendance, en France, n’est pas au resserrement.
Mais affirmer que les jeunes en « savent moins » qu’avant est d’une consternante stupidité, compte tenu de la masse des informations auxquelles ils ont accès aujourd’hui et de l’ouverture au monde qui leur est permise.
Le fait que, face à ces montagnes de données et d’images, le phénomène inégalitaire fasse aussi son œuvre, dans le prolongement de la fameuse fracture numérique, ne change pas fondamentalement la donne : dans les familles où le nombre de livres disponibles se compte sur les doigts d’une main, il n’est pas exceptionnel qu’existe désormais un accès à internet. Voilà un secteur où les éducateurs, s’ils en avaient les moyens, pourraient puissamment faire jouer cet effet de levier : apprendre à apprendre à travers les outils familiers aux jeunes serait sans doute un bon investissement pour l’avenir, sans qu’il soit pour autant question, bien entendu, de négliger tout le temps nécessaire aux formes et aux supports plus traditionnelles d’enseignement.
Mais, ce n’est pas en annonant des règles de grammaire absconses et dont notre propre Président s’affranchit même en public, en assénant avec les mêmes méthodes des heures supplémentaires aux élèves en échec, en se focalisant sur la règle de trois comme si nous vivions encore à l’époque du boulier chinois, en diffusant des programmes dont l’énoncé même est totalement incompréhensible pour l’opinion la mieux formée, que l’on fera entrer la société et ses enfants les moins favorisés dans l’ère de l’innovation et la société de l’information, évoquées à longueur de discours.
Flatter certaines associations de parents d’élèves, dont les responsables n’ont de cesse de voir leur progéniture apprendre la même chose et de la même manière qu’eux-mêmes au même âge, ne fait pas une politique. Quelles que soient les lourdeurs de l’Education nationale ou les conservatismes qui la traversent, ce n’est pas en en rajoutant sue le thème de la tradition, voire de la réaction, que l’on progressera, ni en espérant que le rétroviseur éclairera jamais les voies de l’avenir.
Rappelons Benjamin Franklin : « Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseigne, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends »
Source: Betapolitique
Après le fichage des homos, la déchéance de la nationalité !
Alors qu'approche la Journée mondiale contre l'homophobie, le 17 mai, le gouvernement français se fait remarquer par des mesures particulièrement hostiles aux homosexuel-le-s.
Il y a quelques mois le ministère des Affaires étrangères demandait aux consulats de refuser les pacs binationaux dans certains pays, il y a quinze jours on apprenait que le ministère de l'Intérieur testait un logiciel permettant un fichage des homosexuel-le-s, et le journal Têtu révèle aujourd'hui qu'un homosexuel français a été déchu de la nationalité française lorsqu'il a demandé la double nationalité hollandaise, alors qu'il s'est marié avec un homme aux Pays-Bas !
Une convention entre les deux pays prévoit que seules les personnes mariées peuvent se voir accorder la double nationalité. Le mariage homosexuel est reconnu aux Pays-Bas, mais le ministère français considère cet homme comme célibataire.
SOS homophobie est scandalisée par cette décision particulièrement humiliante et symboliquement inexcusable, et demande au gouvernement de réintégrer immédiatement cet homme dans la nationalité française.
Fiché-e-s, déchu-e-s de leur nationalité, quelle est la prochaine étape pour les homosexuel-le-s français-e-s ?
A l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie, le gouvernement français n'a-t-il donc pas de message plus humain à adresser aux homosexuel-le-s ?
Source: La chaloupe